Vous avez trouvé une instru qui correspond parfaitement à votre morceau. Vous voulez enregistrer, sortir le titre, faire un clip et ne pas retrouver un autre rappeur sur la même production quelques mois plus tard. C’est là que la licence exclusive instru peut avoir son intérêt.

Contrairement à une licence non exclusive, elle donne à l’artiste des droits d’utilisation plus larges et surtout une exclusivité sur l’utilisation future de l’instrumentale, selon les conditions prévues dans le contrat.

Une instru non exclusive peut être vendue plusieurs fois

Avec une licence non exclusive, le beatmaker peut proposer la même instru à plusieurs artistes.

C’est le fonctionnement classique de nombreux beatshops.

Vous pouvez donc acheter une licence, enregistrer votre morceau et le sortir légalement, tout en sachant qu’un autre rappeur pourra utiliser la même production avec sa propre licence.

Ce n’est pas un problème en soi.

Pour un freestyle, une vidéo YouTube, une maquette ou un morceau destiné à une exploitation limitée, une licence non exclusive peut parfaitement suffire.

Mais si vous construisez un vrai projet autour d’une instru, la situation est différente.

Beatmaker en studio travaillant sur une production dans le cadre d’une licence exclusive instru.

Que signifie « exclusive » ?

Une licence exclusive signifie généralement que le producteur cesse de proposer l’instrumentale à de nouveaux artistes après la vente de l’exclusivité.

Vous êtes alors le seul nouvel utilisateur autorisé à exploiter cette production dans les conditions prévues par le contrat.

Il faut toutefois faire attention à un point : exclusive ne veut pas forcément dire que vous devenez propriétaire de la composition.

Le beatmaker reste généralement compositeur de la musique et conserve ses droits d’auteur.

L’exclusivité concerne avant tout les droits d’utilisation qui sont définis dans le contrat.

C’est donc le contenu précis de la licence qui compte.

Pourquoi une licence exclusive coûte plus cher ?

La différence de prix peut sembler importante par rapport à une licence classique.

C’est pourtant assez logique.

Avec une licence non exclusive, le producteur peut vendre la même instru plusieurs fois.

Une même production peut donc générer plusieurs ventes.

Avec une licence exclusive, cette possibilité disparaît.

Si une instru est vendue en exclusivité à un artiste, le producteur renonce aux futures ventes de cette production à d’autres artistes.

Le prix de l’exclusivité prend donc aussi en compte ce que le producteur ne pourra plus vendre ensuite.

Prenons un exemple simple.

Une instru peut être proposée en licence non exclusive à plusieurs artistes pour quelques dizaines d’euros.

Si un artiste souhaite être le seul à pouvoir l’utiliser à l’avenir, il demande quelque chose de différent : le producteur doit retirer cette instru de son catalogue commercial et renoncer aux futures licences sur cette production.

Le tarif n’est donc pas simplement le prix du fichier audio.

Il tient compte de la valeur de l’exclusivité.

L’intérêt pour un artiste indépendant

Pour un rappeur indépendant, l’intérêt principal est assez simple :

vous pouvez construire votre morceau sans avoir à vous demander qui utilisera la même instru demain.

Cela peut avoir son importance lorsqu’il s’agit :

  • d’un single important ;
  • d’un morceau destiné à un clip ;
  • d’un titre que vous comptez exploiter pendant plusieurs années ;
  • d’un projet distribué sur les plateformes ;
  • d’un morceau destiné à être présenté à un label ;
  • d’un titre sur lequel vous allez investir du temps et de l’argent.

Si vous prévoyez de tourner un clip, de payer un mixage, un mastering, de faire de la promotion et de distribuer le morceau, il peut être intéressant de sécuriser également la production.

Vous investissez dans le morceau.

L’exclusivité permet de limiter le risque de voir la même instru utilisée par quelqu’un d’autre.

Exclusivité ne veut pas dire transfert des droits d’auteur

C’est probablement l’un des points les plus importants.

Acheter une licence exclusive ne signifie pas automatiquement :

« J’ai acheté le beat, donc le beatmaker n’a plus aucun droit dessus. »

Le beatmaker reste généralement compositeur de la musique.

Le rappeur est auteur de son texte.

Les deux peuvent donc avoir des droits sur l’œuvre créée à partir de l’instrumentale.

La licence exclusive définit principalement comment l’artiste peut exploiter cette œuvre et dans quelles conditions.

Les parts d’auteur et de compositeur doivent être définies séparément.

Que devient l’instru après la vente ?

Cela dépend du contrat.

Dans beaucoup de cas, une fois l’exclusivité vendue, le beatmaker retire l’instrumentale de son catalogue et ne la propose plus à de nouveaux artistes.

Mais cela ne signifie pas nécessairement que toutes les licences déjà vendues disparaissent.

Si l’instru avait déjà été vendue en non exclusif à d’autres artistes avant l’achat de l’exclusivité, leurs droits peuvent continuer à s’appliquer selon les conditions de leurs propres licences.

C’est un point à vérifier avant l’achat.

Une exclusivité achetée aujourd’hui ne permet pas forcément d’effacer les licences accordées hier.

Rappeur devant un public nombreux lors d’un concert, avec une licence exclusive instru pour sa production.

Exclusivité et durée

Une licence exclusive peut également prévoir une durée.

Elle peut être accordée pour une période donnée ou selon des conditions particulières.

Il faut donc regarder ce que prévoit précisément le contrat concernant :

  • la durée de l’autorisation ;
  • les territoires concernés ;
  • les plateformes ;
  • la diffusion commerciale ;
  • les clips ;
  • les concerts ;
  • les ventes ;
  • le streaming ;
  • les éventuelles limites d’exploitation.

Encore une fois, le mot « exclusive » ne suffit pas à connaître tous les droits accordés.

Faut-il toujours prendre une licence exclusive ?

Non.

Et c’est important de le préciser.

Si vous cherchez simplement une instru pour poser un freestyle, tester une direction artistique ou publier quelques morceaux sans gros investissement, une licence non exclusive peut être largement suffisante.

L’exclusivité devient surtout intéressante lorsque la production prend une place importante dans votre projet.

Si vous allez investir plusieurs semaines de travail et plusieurs centaines d’euros dans un morceau, payer un clip ou lancer une vraie campagne autour du titre, la question de l’exclusivité mérite d’être posée.

Une question de projet, pas seulement de budget

Au final, le choix entre une licence non exclusive et une licence exclusive dépend surtout de ce que vous voulez faire du morceau.

Pour un contenu ponctuel, la licence non exclusive peut être le choix le plus logique.

Pour un single important, l’exclusivité peut avoir beaucoup plus de sens.

Le prix supplémentaire correspond alors à quelque chose de concret : la possibilité de réserver l’utilisation future de cette production et de construire votre morceau avec davantage de sécurité.

Avant d’acheter, prenez simplement le temps de lire les conditions.

Une bonne licence doit vous permettre de savoir clairement ce que vous pouvez faire avec l’instru, pendant combien de temps et dans quelles conditions.

Catégories : Beats

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