Je pense que pour un rappeur (ou même un beatmaker), le truc le plus relou, c’est d’être sûr que son album ou son morceau est super lourd, et va super bien tourner. Et le jour de la sortie, s’apercevoir que finalement non, personne ne le calcule. J’ai vécu ça. J’étais un putain de passionné de hip-hop. J’avais décidé de mettre toutes mes économies pour acheter mon premier ordi… Je lisais beaucoup sur le beatmaking. Je m’étais formé à la production, et même à la prise de voix. Vraiment, j’étais opérationnel ! J’avais envie de bosser aux côtés des plus grands. De remplir des salles !!!! Mais personne ne me voyait.

Le gros souci, c’est que je savais que j’avais toutes ces compétences, toutes ces qualités, et ces connaissances. Je savais que j’étais bon. Mais il n’y a que moi qui le savais. Dans ce milieu, personne ne savait que j’existais… Et le public non plus. Je ne connaissais rien au marketing et à la communication. Je ne connaissais aucune méthode pour me faire connaître et pour gagner de l’argent. Rien de rien. En tant que passionné, je pensais comme beaucoup d’autres passionnés, qu’il suffit d’être bon pour réussir dans ce métier. Et que le marketing ça sert à rien. Alors les plans arrivaient lentement. Et c’était épuisant…

Le pire, c’est que je voyais ces gens qui réussissaient en étant beaucoup moins compétant que moi. Ils ne connaissaient rien au beatmaking, mais ils étaient bien meilleurs que moi en marketing. Ils savaient monter un projet, ils étaient bons en management. Ils n’étaient pas super bons dans ce qu’ils faisaient. Mais ils savaient comment se faire connaître. Ils connaissaient l’importance de se différencier. Ils savaient faire la différence entre un amateur et un professionnel. Et moi ça me dégoûtai et j’ai même failli arrêter la musique à cause de ça.

Et là, je me suis retrouvé devant 2 choix :

1. Continuer à faire semblant que tout cela n’existe pas, et qu’il suffit d’être bon. Mais j’étais sûr que rien n’allait changer.

2. Me former au marketing, me former au management de projet. Et réellement me professionnaliser.

Car devenir professionnel, c’est quoi finalement ? C’est déjà faire du bon boulot. Maîtriser son domaine de compétence et avoir son propre style… Mais c’est aussi savoir monter son projet et le vendre. Et pour ça, il n’y a qu’une solution : il faut avoir un super niveau aussi en marketing et en management.

Tu ne peux réussir dans ce milieu que si tu sais comment vendre ton talent ! (à part, si tu trouves quelqu’un et que tu le payes pour le faire à ta place, mais je n’avais pas de fric.).

Alors du coup j’ai tout lâché pour passer un Bachelor en « project management/digital marketing » dans une grande école spécialisée dans le domaine artistique. Avec en prime d’excellents cours sur l’entreprenariat. Et là tout c’est arrangé ! Déjà, parce que je n’avais pas réellement fait d’études supérieures avant, et du coup un Bac +3/4 ça fait joli dans un CV. Mais il y a surtout un truc qui a changé.

Tout s’est arrangé lorsque j’ai compris une chose : il y a des milliers de personnes qui ont eu les mêmes problèmes pour construire et vendre leurs projets avant nous. Et certaines de ces personnes ont réfléchie à résoudre ces problèmes. Certaines de ces personnes ont même écrit des bouquins. Le savoir, la connaissance : voilà à quoi ça sert les études. Et d’un coup, j’ai eu toutes ces connaissances à portée de main. Et on m’a montré où et comment chercher lorsque je veux résoudre un problème. J’ai appris toutes les méthodes de travail des gros professionnels pour monter un projet qui tient debout.

En réalité, vous n’avez pas besoin de reprendre des études. Ce que je veux dire, c’est que ces connaissances, elles existent. Des gens y ont réfléchit. Et il suffit de chercher pour trouver un moyen d’avancer. Vous êtes en train de lire cet article, c’est déjà un bon début. Il y en a d’autres.

Alors pour ceux qui pensent que pour gagner de l’oseille avec sa musique, il faut vendre son âme au diable et se prostituer en changeant complètement de personnalité et en faisant automatiquement de la merde : les gars, on dirait le scénario d’un mauvais épisode du prince de Bel Air. Ce genre de préjugé est normal, car la plupart des gens qui lisent cet article sont des passionnés. Mais à un moment ou à un autre on a tous envie de vivre de sa passion non ? En fait, réfléchissez. Est-ce que vous avez déjà essayé d’agir comme un vrai pro ? Un adulte ? Quelqu’un de mature dans ce milieu de la musique ? De vous entourer de personnes réellement compétentes et qui pourraient apporter une réelle valeur à votre projet ? Un vrai ingé son, un vrai manager, un vrai beatmaker. Et surtout avez vous déjà lu des bouquins qui parlent de management de projet ? De communication ? De marketing ? Savez-vous à quoi sert un manager ou un marketeur ?

Ah ouai au fait j’ai appris un autre truc marrant. Le marketing ce n’est pas dénaturer le produit pour le rendre plus « commercial » … Non, c’est amener des gens à acheter un produit qui existe déjà. Point.

Alors en tant que rappeur indé, commencez par vous entourer d’un excellent beatmaker ! Vous en avez déjà un sous la main !


3 commentaires

mananjara · 09/11/2019 à 13:09

Excellente méthode je pense, c’est vrai que de créer, diffuser et se faire connaitre n’est franchement pas facile, la passion ne suffit hélas pas assez,bien vu OXYDZ

fonvieille anthony · 11/11/2019 à 13:28

merci pour t’es renseignement, justement avec mon binôme il nous manquait un beatmaker lol, c’est vrai en plus, d’ailleurs notre premier son est sur une de tes prod, merci encore pour ton travail, il est lourd , on (qtc/quantum théory crew) est sur un projet depuis deux ans mais on ne le sort pas car d’une il n’est pas fini et de deux on avait besoin d’avoir une démarche pour l’annoncer pour « vendre » notre produit quoi, sortir de l’ombre en gros, sachant en plus que l’on as du potentiel de bon retour sur nos sons, freestyle etc, merci pour tes précieux renseignement, je pense qu’il nous sera d’une grand utilité . force a toi oxydz, a ton travaille et au temps que tu a passer a nous aiguiller. (ps: si l’envie te prend de bosser avec nous se sera avec grand plaisirs ).

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